Chers amis passionés du cirque,
... 1999 avec Où ça ?, différentes étapes du projet Attraction en 2001, 2003 et 2005...
Vous avez déjà assisté ici à un spectacle de Cirque ici?
Cela fait 10 ans que vous suivez cette compagnie, via ses passages réguliers à la Villette?
Vous avez déjà découvert l’univers de Johann Le Guillerm ailleurs ?
En attendant de découvrir Attraction (étape 2010) en mars, le service des publics et de la médiation propose de recueillir précieusement vos impressions & expressions sur ce projet hors norme : partagez vos souvenirs avec vos mots, vidéos, photos, émotions !
Avec votre accord, l’idée est de les dévoiler ensuite sur notre site Internet, pour faire miroiter les mille et une facettes que ce projet atypique a pu laisser dans chacun de vos imaginaires…
Vous l’aurez compris, en 2010 les rédacteurs de la Villette, c’est vous !
Visuels : Ou ça ? : graphisme Tout pour Plaire / Photo © Philippe Cibille - Secret : conception Johnson Banks
Photo © Philippe Cibille - Attraction : graphisme Marie-Agnès Revert Photo © Philippe Cibille
On a envie qu’il continue une fois le spectacle terminé. On s’attache à son personnage fait de grimaces sonores, de tics du visage et de gestes dentelés.
Rédigé par : Guy | 10 février 2010 à 15:24
Imbrication du scientifique et de l’imaginaire : on sent beaucoup de calcul dans ses œuvres, en même temps qu’une invitation à la rêverie...
Rédigé par : Anna | 10 février 2010 à 15:24
Je rentre dans les spectacles de Johann comme au temple, mieux qu'au temple car je sais que l'expérience mystique qui va suivre sera aussi empreinte d'humour et de légère et pernicieuse gravité. Avec le plaisir et la curiosité du novice, j'y rentre et j'en ressors avec l'appétit inassouvi de l'initié.
Grâce à Johann et à l'extrême intelligence de son travail, j'apprends que le cirque existe bel bien en dehors des logiques de performances et de show, mais dans le décalage, l'étrangeté, l'expérimentation collective en dehors des conventions habituelles du temps et de l'unité, dans une nouvelle conception de ce qui est spectaculaire, montrable et communiquable.
Et je redeviens motte, enfant, naïf et intelligent en même temps, spirale, bouche bée, "spectacteur" s'efforçant d'envoyer les bonnes ondes pour que la hache atteigne son but.
Et j'applaudis cette position d'artiste, non pas sublimé en dehors de la société, mais revenu à sa vraie fonction de chercheur, d'agitateur, de fabriquant de nouveaux potentiels.
Merci Johann
Rédigé par : Eleftérios | 10 février 2010 à 15:25
Nous sommes, en tant que spectateur, complètement happés du début à la fin par le spectacle. Il libère des émotions à la fois primaire mais en même temps très brutes (au sens d’Art Brut) : la peur, l’émerveillement, le rire...
Rédigé par : Quentin | 10 février 2010 à 15:26
J’ai longtemps cherché les premiers mots, les bons mots pour décrire l’émotion qui nous a immédiatement saisies lorsque nous avons découvert pour la première fois Johann Le Guillerm.
C’était à La Villette en 1999 pour son spectacle Cirque ici, Où ça ?
Je viens de me rendre compte que ma recherche était vaine, malheureusement, mais qu’elle avait un sens : essayer d’exprimer, de transcrire la force de ce premier contact, de cette première fois où nous avons croisé son regard.
Un regard bleu, un œil perçant qui pourrait être d’un aigle ou du Phantom of Paradise…
Nous étions médusés par ce personnage silencieux, venu du Moyen-Age, d’une autre planète ou du futur, avec son long manteau de guerrier d’une élégance folle et dépenaillée, qui, du centre du cercle de la piste, pivotant très lentement, défiait tour à tour de ce regard chacun des spectateurs. Il nous domptait, il n’y avait pas de résistance. Il installait une tension.
Le ton était donné. Nous allions nous soumettre à toutes ses folies. Nous allions entrer dans une autre dimension du cirque. Nous étions ailleurs, dans son univers.
Mais nous allions rester dans le cirque. Bien plus, nous étions au cœur même de ce cirque
que Yohann le Guillerm servait et dynamitait tout à la fois. Nous étions sous un chapiteau rayé, assis sur des bancs, écoutant l’orchestre. Regardant ce vrai phénomène, dont il était lui-même le montreur, qui dévoilait à la fois sa force et sa faiblesse.
La piste, la musique, le tempo du cirque classique avec sa succession de numéros, la prouesse physique, la maîtrise technique… tous ces codes étaient respectés. Mais par un seul homme ; qui les détournait à chaque fois. Comme les torchons remplaçaient les balles de jonglage, amenant une lenteur inédite et merveilleuse. Il s’attachait à réussir des exploits absolument improbables, des défis confinant à l’absurde mais on était fous de joie qu’il réussisse, ce drôle de type maigre, avec ses côtes creuses, un peu inquiétant quand même.
Un homme orchestre pliant son corps à sa volonté, un constructeur aussi, déjà, proposant des éléments visuels complètement nouveaux et décalés. Comme ces deux grands X de bois où il tendait son fil.
Lorsqu’il s’est mis, avec une lenteur extrême, à traverser la diagonale du cirque, marchant sur les bouteilles avec ses sabots en bois, déplaçant son plateau, les bouteilles, ses sabots, les bouteilles, son plateau… nous étions littéralement bouche bée, il avait installé une surtension
qui permettait d’accepter la lenteur, la folie du défi qui engendrait une peur idiote mais réelle.
Mais il avait réussi sa traversée, bien sûr, et nous étions heureux.
Il y avait aussi ces drôles de machines qui traversaient elles-aussi la diagonale du cercle, évoquant les machines de Tinguely, parfaitement en phase avec la musique, très joyeuse dans mon souvenir. Preuve encore du pouvoir de Johann sur la matière : il anime les objets inanimés. Et en même temps il met en évidence la résistance de la matière. Il incarne la résistance humaine : aux lois de l’attraction, au vide…
Je ne sais pas pourquoi mais il m’a tout de suite rappelé la lutte forcenée que nous menons tous lorsque nous sommes tout petits - il me semble encore l’éprouver, je me demande si c’est un vrai souvenir ou si je l’ai réinventé, je me demande aussi si les autres s’en souviennent – pour essayer de marcher, de garder l’équilibre, de ne pas tomber, d’attraper les objets, de mouvoir son corps pour faire ce que l’on le veut, aller là où l’on veut.
Oui, nous avons été surpris, pris, nous étions médusés, transportés, enthousiastes, déchaînés.
Nous sommes revenus voir Johann le Guillerm pour chacune de ses apparitions ou spectacle à La Villette et nous serons là pour la première de Secret.
Rédigé par : Pamela | 25 février 2010 à 19:53